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Créer une SASU seul : étapes, coût réel et pièges à éviter

La SASU est le statut préféré des créateurs qui veulent une société, seuls, avec la protection sociale d'un salarié. Voici les étapes dans l'ordre, ce que ça coûte vraiment en 2026, et les questions à se poser avant de signer.

Par Yoane Butel
Mis à jour le 4 octobre 2026 · 7 min de lecture

L'essentiel en 30 secondes

  • Capital minimum : 1 €.
  • Frais légaux incompressibles en métropole : 33,83 € d'immatriculation, 19,33 € de déclaration des bénéficiaires effectifs et 142 € HT d'annonce légale.
  • Le président est assimilé salarié lorsqu'il se rémunère. Les dividendes ne supportent pas de cotisations sociales, mais sont taxés au prélèvement forfaitaire de 31,4 % en 2026.
  • Toutes les démarches se font sur le guichet unique de l'INPI.

La SASU est-elle faite pour vous ?

La SASU n'est pas toujours le bon choix. Pour une activité qui démarre, avec peu de frais et un chiffre d'affaires incertain, la micro-entreprise reste souvent plus simple et moins chère. Voici les différences qui comptent.

Micro-entreprise

  • Plafonds 2026 : 203 100 € pour la vente, 83 600 € pour les services.
  • Cotisations sur le chiffre d'affaires : 12,3 % (vente), 21,2 % (services BIC), 25,6 % (libéral non réglementé).
  • Pas d'annonce légale, pas de statuts, comptabilité allégée.
  • Aucune déduction de vos frais réels.

SASU

  • Pas de plafond de chiffre d'affaires.
  • Président assimilé salarié s'il se rémunère, régime général hors chômage.
  • Dividendes sans cotisations sociales.
  • Comptabilité complète et formalités annuelles.

EURL

  • Gérant associé unique travailleur non salarié : cotisations dues même sans rémunération.
  • Impôt sur le revenu par défaut, option IS possible.
  • À l'IS, la part des dividendes au-delà de 10 % du capital supporte des cotisations.

En pratique, la SASU devient intéressante quand vos charges réelles sont importantes, quand vous dépassez ou approchez les plafonds de la micro-entreprise, ou quand vous voulez arbitrer librement entre salaire et dividendes.

Les 7 étapes de création

L'ordre ci-dessous suit celui de service-public. En pratique, on prépare un projet de statuts, on dépose le capital, puis on signe les statuts.

  1. Choisir la forme juridique. Vous êtes ici : SASU, si le comparatif ci-dessus vous y conduit.
  2. Choisir le nom. Vérifiez sa disponibilité auprès de l'INPI, et celle du nom de domaine.
  3. Domicilier le siège. Chez vous, dans un local ou chez une société de domiciliation. Voir notre guide de la domiciliation.
  4. Déposer le capital. Auprès d'une banque ou d'un notaire. Au moins la moitié des apports en numéraire doit être versée à la création, le reste dans les 5 ans. Vous recevez une attestation de dépôt des fonds, débloqués après l'immatriculation.
  5. Nommer le président et rédiger les statuts. Les statuts de SAS sont très libres : c'est une force, et un risque si vous recopiez un modèle sans le comprendre.
  6. Publier l'annonce légale, après la signature des statuts et avant la demande d'immatriculation.
  7. Déclarer la création sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr), avec la déclaration des bénéficiaires effectifs.

Les pièces à fournir : statuts datés et signés, justificatif de domiciliation, certificat du dépositaire des fonds, attestation de parution de l'annonce légale, copie de votre pièce d'identité et déclaration sur l'honneur de non-condamnation.

Les délais : le greffe dispose d'un jour ouvrable pour un dossier complet, cinq s'il exige un examen particulier. Le passage par le guichet unique rallonge souvent ce délai en pratique. Un dossier incomplet vous laisse 15 jours ouvrables pour le compléter.

Combien ça coûte vraiment

PosteMontant 2026Obligatoire
Immatriculation au greffe33,83 €Oui
Déclaration des bénéficiaires effectifs19,33 €Oui
Annonce légale de constitution (métropole)142 € HT (forfait)Oui
Dépôt du capitalSelon la banque ou le notaireOui
Rédaction des statuts0 € si vous les rédigez, payant si vous vous faites aiderNon
Commissaire aux apportsHonoraires libresSeulement en cas d'apport en nature non dispensé

Le minimum légal est donc d'environ 195 € (annonce comptée hors taxe), hors dépôt de capital. L'annonce légale est à un tarif forfaitaire fixé par arrêté : un journal ne peut pas vous facturer davantage pour une SASU.

Le commissaire aux apports n'est pas obligatoire si aucun apport en nature ne dépasse 30 000 € et si leur total ne dépasse pas la moitié du capital.

Seul ou avec un service en ligne ?

Tout faire seul sur le guichet unique est possible et ne coûte que les frais légaux. Les services en ligne vous font gagner du temps sur les statuts et le dossier, et limitent les allers-retours avec le greffe. Prix publics relevés le 4 octobre 2026, hors frais légaux :

  • Legalstart : formules à 0 €, 99 € et 199 € HT, la plus chère avec traitement prioritaire.
  • LegalPlace : formules à 0 € et 199 € HT, plus une formule à partir de 69 € HT par mois incluant domiciliation et expert-comptable.

Notre conseil : si votre projet est simple (un seul associé, apport en numéraire, activité non réglementée), l'offre d'entrée de gamme ou la démarche seul suffisent. Payez pour de l'accompagnement si vous apportez un bien, si vous prévoyez d'accueillir des associés plus tard, ou si vous voulez des statuts sur mesure.

Le statut social du président

Le président de SASU est assimilé salarié lorsqu'il est rémunéré pour son mandat. Il relève du régime général, avec la même protection qu'un salarié, sauf l'assurance chômage : il n'y cotise pas et n'y a pas droit, mais peut souscrire une assurance privée.

Les cotisations sont calculées sur la rémunération versée. C'est ce qui permet, au démarrage, de ne pas se verser de salaire tant que l'activité ne le permet pas. En contrepartie, sans rémunération, vous ne validez pas de droits à la retraite.

Impôt sur les sociétés et dividendes

La SASU est soumise par défaut à l'impôt sur les sociétés :

  • 15 % sur les bénéfices jusqu'à 42 500 €, si le chiffre d'affaires ne dépasse pas 10 M€, si le capital est entièrement libéré et détenu à 75 % au moins par des personnes physiques ;
  • 25 % au-delà.

Les dividendes versés au président associé unique ne supportent pas de cotisations sociales. Depuis le 1er janvier 2026, ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux). Vous pouvez opter pour le barème progressif, avec un abattement de 40 %.

Une option pour l'impôt sur le revenu existe pour 5 exercices au maximum, sous conditions (société de moins de 5 ans, moins de 50 salariés, notamment). Elle se discute avec un expert-comptable.

Les obligations chaque année

  • Tenir une comptabilité complète et conserver les pièces 10 ans.
  • Approuver les comptes dans le délai prévu par les statuts, en général 6 mois après la clôture. En SASU, l'associé unique consigne ses décisions dans un registre.
  • Déposer les comptes au greffe dans le mois qui suit l'approbation (deux mois en dépôt électronique). Une petite société peut demander la confidentialité de ses comptes.
  • Recevoir les factures électroniques : obligatoire depuis le 1er septembre 2026. Voir notre guide de la facturation électronique.

Questions fréquentes

Peut-on créer une SASU avec 1 € de capital ?

Oui, c'est légal. Mais un capital trop faible peut gêner pour ouvrir un compte, obtenir un prêt ou rassurer un client. Beaucoup de créateurs choisissent un montant qui couvre les premières dépenses.

Peut-on domicilier sa SASU chez soi ?

Oui, le président peut domicilier la société à sa résidence principale. Si votre bail ou votre copropriété l'interdit, c'est possible pour 5 ans au maximum, après en avoir informé le bailleur ou le syndic. Les détails sont dans notre guide de la domiciliation.

Combien de temps pour obtenir le Kbis ?

Le délai légal du greffe est court (un à cinq jours ouvrables pour un dossier complet), mais le circuit du guichet unique l'allonge souvent. Un dossier complet et bien rempli dès le départ reste le meilleur accélérateur.

Peut-on passer de micro-entreprise à SASU plus tard ?

Oui. Beaucoup commencent en micro-entreprise pour tester leur activité, puis créent une société quand le chiffre d'affaires ou les charges le justifient.

Sources

  1. Service-public, fiche F35934 « Création d'une SAS ou SASU » : entreprendre.service-public.gouv.fr
  2. Service-public, fiche F37383 « SASU » : entreprendre.service-public.gouv.fr
  3. Service-public, fiche F32333 « Dépôt du capital social » : entreprendre.service-public.gouv.fr
  4. Service-public, fiche F35957 « Annonce légale » : entreprendre.service-public.gouv.fr
  5. Service-public, fiche F36215 « Fiscalité de la SAS et des dividendes » : entreprendre.service-public.gouv.fr
  6. Service-public, fiche F36240 « Statut social du dirigeant » : entreprendre.service-public.gouv.fr
  7. Service-public, fiches F32353 et F37398 « Micro-entreprise » : entreprendre.service-public.gouv.fr
  8. Service-public, fiche F37777 « EURL » : entreprendre.service-public.gouv.fr
  9. Service-public, fiches F31214 et F39283 « Approbation et dépôt des comptes » : entreprendre.service-public.gouv.fr
  10. Greffe du tribunal des activités économiques de Lyon, tarifs RCS au 1er mars 2026 : greffe-tae-lyon.fr (PDF)
  11. Tarifs publics consultés le 4 octobre 2026 : Legalstart, LegalPlace